Pratiques chorales et politiques de la voix (Smoothie edition)
en présence de Florence Harrer et Jean-Baptiste Veyret-Logerias, modérée par Emmanuelle Nizou
À l’occasion du festival Vitamines B* à La Bellone, je propose une discussion publique/performance inscrite dans le cadre de mon projet de recherche «Smoothie Songs (and Teen Screams)».
D’une durée maximale de trois heures, cette rencontre rassemblera plusieurs intervenant·es autour des enjeux esthétiques, politiques et sociologiques du chant choral. La discussion portera à la fois sur la pratique chorale en tant que forme collective de production sonore et sur ce qu’elle engage plus spécifiquement lorsqu’elle s’adresse à des publics jeunes et adolescents.
Une attention particulière sera portée aux questions de genre, de normes vocales et de perception des corps chantants au sein des chorales de jeunes, ainsi qu’aux dynamiques de groupe que ces pratiques rendent audibles et visibles.
La discussion sera entrelacée de moments de chant choral en live, conçus comme des dispositifs d’observation et de réflexion en acte. Ces interventions musicales permettront de déplacer la parole théorique vers une expérience partagée, où le chant devient à la fois objet d’analyse et outil de pensée. Un groupe de chanteur·euses de la Chorale au sucre, un projet initié par Charleroi danse et dirigé par Maria de Larrañaga et moi-même, participera à ces séquences performatives.
En prolongement de la discussion, je proposerai un atelier de chant choral collectif (facultatif), ouvert aux personnes présentes dans le public et aux membres de la Chorale au sucre. Cet atelier envisagera le chant comme un espace d’expérimentation sociale, corporelle et relationnelle, mettant en jeu l’écoute, la coprésence et la construction temporaire d’un collectif vocal.
Gaël Santisteva vit et travaille à Bruxelles depuis 2007. Né à Auch (France), il pratique le cirque intensivement dès sa jeunesse avant d’intégrer le Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne, dont il sort diplômé en 2001 avec une spécialité à la balançoire russe. Passionné par le mouvement et le théâtre, il se tourne ensuite vers la danse, la performance, le chant et le théâtre, collaborant pendant plus de quinze ans avec des compagnies internationales telles que Philippe Decouflé, les Ballets C de la B, Zimmermann/De Perrot ou Eleanor Bauer.
En 2012 et 2014, il crée avec Lara Barsacq deux performances présentées à la Tanzhaus de Zurich : Tonight, I Love You ! Et The Hide Show. En 2016, ils cofondent ensemble l’asbl Gilbert & Stock. Depuis, chacun développe un parcours bien distinct : Lara s’affirme comme chorégraphe, tandis que Gaël poursuit un chemin interdisciplinaire, mêlant théâtre musical, performance et expérimentation artistique.
À travers ses créations, Gaël cherche à déconstruire les préjugés avec humour et à insuffler un sentiment de douce désobéissance poétique, en créant des espaces où l’humain peut se déployer dans toutes ses ambiguïtés. Parmi ses créations récentes figurent Talk Show (2017), Garcimore est mort (2021), Piñata Cake (2025), Dîtes-moi (2025, en collaboration avec Ondine Cloez), ainsi que des projets collectifs comme Cabaret Cosmos (2022) ou Voie, Voix, Vois (2023).
Parallèlement, il intervient sur des projets qui nourrissent et complètent sa recherche artistique, et participe à des créations qui interrogent le langage, le mouvement et la voix, tout en explorant de nouvelles formes d’expression scénique.
Site web : gilbert-stock.com/gael/projects/smoothie-songs
Instagram : @gaelsantisteva
Florence Harrer exerce comme logopède depuis plus de dix ans à Bruxelles. Portée par un intérêt précoce pour le chant, elle s’est progressivement spécialisée dans le domaine de la voix.
Dans le cadre d’un master de spécialisation, elle a réalisé un mémoire sur les chorales queers bruxelloises dans lequel elle explore les liens entre la voix et le genre dans ces espaces collectifs.
En parallèle de sa pratique clinique, elle développe une réflexion autour des thématiques de la santé, de la voix, du langage et des normes sociales.
Jean-Baptiste Veyret-Logerias
Après une longue pratique du chant polyphonique, il commence la danse parallèlement à ses études de sciences du langage. En 2005, il intègre la première promotion du programme 'Essais' de l'École Supérieure du CNDC à Angers.
Il participe aujourd’hui à la fabrication de spectacles contemporains comme collaborateur, regard ou oreille extérieur·e, performer dans des pièces vocales ou chorégraphiques. Il dirige des chœurs de pratique amateure, et intervient également à ce titre sur des projets chorégraphiques. Par ailleurs, il est, depuis 2015, praticien en psychopédagogie de la perception – méthode Danis Bois, et est, entre 2018 et 2025, co-coordonnateur éditorial, avec Charlotte Imbault, de la revue Watt pour les arts performatifs.
En 2021, il obtient un master en philosophie à l’université Paris-Nanterre, et, en 2023, devient doctorant contractuel au sein de l’équipe « Danse, geste et corporéité » de l’EDESTA. Son projet de recherche s'intitule : « Enjeux pathopolitiques des interactions sociales : le pouvoir subversif des affects au sein des mouvements de lutte de groupes sociaux minorés dans l’espace public», sous la codirection d’Isabelle Ginot et Catherine Perret.
Emmanuelle Nizou